Tableau - 01.JPG

Selon la charte de déontologie des conservateurs et restaurateurs (ECCO), toute intervention s'attache aux principes de stabilité ( recherchée à long terme dans les matériaux originaux et les produits employés lors de la restauration), compatibilité (harmonisation recherchée entre matériaux d'origine et matériaux introduits​ et méticuleusement choisis), réversibilité (possibilité de défaire toutes les opérations de restauration) et lisibilité métaphorique (réintégrer et restituer l'essence de l'œuvre) .

Au-delà de ces principes formels, c'est aussi chaque fois se mettre à l'écoute de l'œuvre avec humilité, patience et exigence : par-delà la surface visible, c'est en sonder l'intimité pour la révéler.

L'expertise de la restauratrice consiste alors à établir un constat d'état suivi d'un diagnostic cernant les différentes causes d'altérations pour déterminer ensuite les traitements spécifiques à appliquer.

 

Un devis établissant les coûts pour la préservation et la restauration de l'œuvre est alors élaboré et vous est proposé.

 Peintures sur chevalet 

Le travail de conservation-restauration s'applique aux peintures sur chevalet dispensant en fonction du diagnostic une palette de soins appropriés aux différentes parties et formes d'altérations. Le support toile et la couche picturale s'imposent comme les deux champs d'action majeurs de l'intervention.

 
Tableau - 03.jpg

Le support en toile, généralement de lin, de coton, de chanvre, plus ou moins épaisse, constitue un élément important du tableau puisqu'il en est la trame.

Il est soumis à divers types d'altérations : lacunes, fentes, déchirures, enfoncements, affaiblissement par oxydation, châssis inapproprié, dégradé, déformé ou infesté d'insectes.

Unicité et adaptation sont les maîtres-mots qui définissent et président à toute intervention : chaque support à ses caractéristiques et la nature des matériaux, la gravité des altérations, les possibilités techniques à disposition sont autant de paramètres d'ajustement.

Tableau - 05.jpg

Les couches de préparation, colorée et de vernis sont des composantes de la couche picturale, fragiles par définition.

Elles connaissent de nombreuses altérations telles que lacunes, craquelures, soulèvements, décolorations, repeints et mastics débordants, retouches affadies et pour le vernis, chancis (blanchiment), jaunissements ou assombrissements induits par l'oxydation.

Tout l'enjeu de la restauration est de participer à la compréhension de ces phénomènes d'altération et d'en circonscrire les effets dévastateurs, et ce, avec doigté et symbiose avec le tableau en en maintenant subtilement l'équilibre chimique, physique, mécanique et esthétique.

Tableau - 02.jpg
 

 Panneaux peints  

Le bois, utilisé depuis l'Antiquité et devenu au fil des siècles le support privilégié des peintres (des XVIème et XVIIème siècles en particulier), va être par la suite concurrencé par la toile et ne perdurera qu'à travers certaines écoles et autres courants artistiques.

Les essences locales - le chêne dans le nord, le tilleul en Allemagne, le noyer dans le sud de la France, le châtaignier en Espagne et le peuplier en Italie - sont préférées aux bois exotiques et sont autant d'indices susceptibles de déterminer le pays d'origine de l'œuvre

D'autres bois s'ajouteront ultérieurement tels que l'acajou, le contre-plaqué ou l'isorel.

La couche picturale d'une peinture sur bois peut présenter des lacunes de peinture comme un déplacage dû aux mouvement du bois, des soulèvements, des craquelures, des usures, des encrassements, des parties jaunies voire brunies.

Le support proprement dit peut témoigner d'altérations spécifiques au bois, victime d'insectes xylophages et de ce fait, gangréné par des galeries qui le fragilisent. Il est susceptible aussi de subir des déformations, de se gauchir et d'aller jusqu'à un point de rupture de ses fibres.

Panneau - 03.jpg

Panneau flamand du XVIIème siècle

Connaître son histoire et sa restauration

Panneau - 01.JPG
Panneau - 02.JPG
 

 Cadres 

Le cadre a un rôle d'importance car il matérialise une fenêtre ouverte sur  la vision du peintre. En cela, il est le détail qui change tout, qui valorise la scène représentée sans oublier son rôle de protection de l'œuvre.

Si le matériau constitutif a beaucoup évolué jusqu'à nos jours, la structure de base d'un cadre ancien en bois est soumise à des altérations comme une infiltration d'eau, une infection parasitaire ou des chocs extérieurs pouvant occasionner des cassures, des fissures et des pertes d'éléments.

Il peut arriver de même que le lustre de dorure se soit éteint, que la peinture se soit écaillée ou que le plâtre se soit fragmenté.

Autant d'altérations qui nécessitent des restaurations structurelle, ornementale et esthétique pour redonner à l'œuvre ses lettres de noblesse.

Cadre - 01.jpg
Cadre - 02.JPG
 

 Fresques murales 

Fresque - 01.jpg

L'art de la peinture murale, sans doute le plus ancien de l'humanité est apparu avec l'art pariétal sur les roches de la grotte Chauvet, mais aussi plus tard en Egypte et en Mésopotamie. Florissant à la Renaissance, il a connu des périodes plus ou moins fastes, desservi ensuite par une concurrence inégale avec la peinture de chevalet considérée comme le sommet de l'expression artistique. Un destin néanmoins protéiforme perpétue ce mode d'expression souvent à ciel ouvert.

Issue de techniques différentes et donc dotée d'un statut autre, la peinture murale est indissociable de son support : un bâtiment, un monument souvent difficile d'accès. Les facteurs d'altération sont presque toujours l'humidité et les variations d'état du mur hôte. 

La restauration s'adresse généralement à une partie d'un tout et ne peut se faire qu'in situ.

Redonner éclat de vie à ces témoignages historiques à part entière est une tâche tout aussi noble et fascinante.

 

 Objets du patrimoine 

Le savoir-faire en matière de restauration ne saurait être exhaustif et se limiter aux seules représentations picturales. Des œuvres d'art relevant de l'ébénisterie, des tapisseries, de meubles, de sculptures, de reliures, de papiers expriment de même manière une vision, un témoignage précieux sur le créateur, son monde et son temps. Il en va de même pour des objets de la vie quotidienne (vaisselle, outils, instruments, etc.) symboles d'une tradition, d'une culture et d'une époque.

La remise en état de tout objet d'art procède d'une même méthodologie de l' "auscultation" : constat d'état, diagnostic et traitement (s) au terme d'une analyse soutenue dans les domaines de l'histoire, de la sociologie et de la technologie.

L'éventail des différentes techniques requises par les protocoles retenus nécessite documentation et maîtrise des disciplines en s'appuyant sur une tutelle collégiale et pédagogique.

Objet - 01.JPG